C’est une tendance qui fait grand bruit sur TikTok : et si votre coiffure en disait plus sur votre statut social que vous ne le pensiez ? Sous les hashtags #OldMoneyHair ou #RecessionHair, les internautes se livrent à une lecture presque sociologique des coupes, couleurs et textures capillaires, suggérant que l’apparence des cheveux peut révéler, consciemment ou non, le niveau de revenus d’une personne.
Une coiffure, un code social ?
À première vue, l’idée prête à sourire. Pourtant, selon plusieurs stylistes et spécialistes de l’image, la coiffure est l’un des signaux non verbaux les plus puissants dans notre société. Ce n’est pas un hasard si certaines tendances capillaires deviennent virales en période de crise, ou au contraire, en période d’aisance économique.
Les coupes, les couleurs et même la fréquence d’entretien sont perçues, parfois inconsciemment, comme des indicateurs de statut. Lissé parfait et brushing coûteux ? Cela suggère des moyens financiers suffisants pour investir dans des soins réguliers. Cheveux naturels ou racines visibles ? Ce pourrait être, à tort ou à raison, interprété comme un choix pratique dicté par le contexte économique.
Le phénomène « Old Money Hair »
Au cœur de cette lecture capillaire se trouve le phénomène viral du « Old Money Hair ». Popularisé par TikTok, ce style évoque l’élégance discrète des personnes qui n’ont rien à prouver. Longueurs soignées, couleurs naturelles, brushing impeccable : tout semble fluide, minimaliste, luxueux… sans effort apparent.
Cette esthétique emprunte au style « quiet luxury », celui qui évite l’ostentation au profit d’un raffinement feutré. Des coiffures que l’on imagine portées par des héritières new-yorkaises ou des étudiantes d’Harvard. Lisse impeccable, chignon bas structuré ou ondulations souples : tout est calibré pour refléter la stabilité, la discipline et une certaine idée du bon goût… souvent associée aux classes supérieures.
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En miroir : la tendance « Recession Hair »
Face à cette vision idéalisée de la richesse, une autre tendance prend forme : celle du « Recession Hair », littéralement les « cheveux de récession ». Plus qu’un effet de mode, elle traduit une adaptation aux réalités économiques. On y observe un retour aux coupes naturelles, pratiques, faciles à entretenir. Carré flou, racines apparentes, textures brutes : les cheveux suivent le rythme des portefeuilles.
Loin de tout jugement, cette approche met en lumière une réalité tangible : quand le budget diminue, l’apparence s’adapte. Moins de rendez-vous chez le coiffeur, moins de coloration, plus d’acceptation de la matière naturelle. Ce style se veut fonctionnel, mais il finit lui aussi par envoyer un message – celui d’une beauté plus intuitive, plus libre, mais aussi plus contrainte.
Quand la coiffure devient un miroir culturel
Ce lien entre cheveux et statut social n’est pas nouveau. Dans de nombreuses cultures, la coiffure a longtemps été utilisée pour marquer la hiérarchie, l’âge, ou l’appartenance à une classe sociale. Aujourd’hui encore, nos choix capillaires racontent une histoire, même s’il ne s’agit évidemment pas de tirer des conclusions hâtives. Comme le souligne la sociologue Emma Tarlo dans « Entanglement: The Secret Lives of Hair », « les cheveux sont un médium puissant entre l’individu et le monde social ». À l’ère des réseaux sociaux, ce message est amplifié, rejoué, analysé… parfois jusque dans les moindres mèches.
Qu’on adhère ou non à la tendance #OldMoneyHair ou #RecessionHair, une chose est sûre : nos cheveux font partie du langage silencieux de notre époque. Ils traduisent des influences culturelles, des envies esthétiques… et parfois des réalités économiques. La bonne nouvelle ? Il n’existe pas de bonne ou de mauvaise coiffure. Il n’y a que des histoires à raconter – et parfois, un brushing suffit à en dire long.