Il est violet, doux, légèrement sucré et fait des ravages sur Instagram. Depuis quelques mois, l’ube – cette variété de patate douce originaire des Philippines – attire tous les regards dans les cafés branchés et les assiettes des foodies les plus aguerris. Après le règne incontesté du matcha et de son vert profond, l’ube semble bien décidé à lui voler la vedette. Cette racine violette a-t-elle vraiment les atouts pour détrôner le thé japonais dans nos cœurs (et nos mugs) ?
Un ingrédient aux racines profondes
Contrairement à ce que sa récente explosion de popularité pourrait laisser croire, l’ube (prononcé « ou-bé ») ne date pas d’hier. Très présent dans la cuisine philippine, il est souvent utilisé dans des desserts traditionnels comme le halo-halo, un mélange glacé ultra coloré, ou dans le ube halaya, une confiture épaisse à base de cette fameuse patate douce violette. Au-delà de sa couleur intense et de sa texture fondante, l’ube séduit par sa saveur douce, légèrement vanillée et naturellement sucrée. Un profil gustatif qui le rend facilement adaptable, aussi bien dans des préparations sucrées que salées.
Pourquoi l’ube fait tant parler de lui ?
C’est d’abord grâce à son esthétique ultra photogénique. Son violet vibrant cartonne sur les réseaux sociaux, transformant donuts, lattes, mochi, glaces et cookies en objets de fascination. Sa popularité ne tient toutefois pas qu’à son look. C’est aussi un ingrédient végétal, sans gluten, sans colorants et naturellement sucré, qui répond aux nouvelles attentes alimentaires : authenticité, exotisme et conscience nutritionnelle. Il est riche en antioxydants, notamment en anthocyanines (les mêmes que dans les myrtilles), connues pour leurs effets bénéfiques sur le vieillissement cellulaire.
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Ube latte vs matcha latte : le duel
L’ube latte s’impose peu à peu comme l’alternative violette au matcha latte. Plus doux en bouche, il peut être bu chaud ou froid, souvent à base de lait végétal. Contrairement au matcha, qui peut être amer et nécessite un certain apprentissage gustatif, l’ube est beaucoup plus accessible au palais occidental.
Aussi, à la différence du matcha, l’ube ne contient ni caféine ni propriétés énergisantes. C’est un plaisir gourmand, pas un stimulant. Les deux boissons ne répondent donc pas tout à fait au même moment de consommation : là où le matcha remplace le café, l’ube se rapproche d’un dessert à boire.
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Une tendance soutenue par la diaspora asiatique
La montée en puissance de l’ube s’explique aussi par la visibilité croissante de la culture culinaire philippine, longtemps restée dans l’ombre des gastronomies japonaises, coréennes ou chinoises. On le retrouve aujourd’hui dans les cartes de coffee shops de Paris à New York, et dans des enseignes influentes de la food, qui commercialisent des produits à base d’ube en édition limitée – preuve de son potentiel marketing.
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Alors, fin de règne pour le matcha ?
Pas si vite. Le matcha, en plus de ses propriétés antioxydantes, reste ancré dans un rituel de consommation plus zen et codifié, qui continue de séduire un large public. Il bénéficie d’un statut de « superfood » bien établi et d’un ancrage culturel profond. L’ube, de son côté, joue plutôt la carte de la gourmandise et de l’exotisme. Il ne remplace pas forcément le matcha, mais s’installe en complément, comme une alternative fun, sucrée et résolument Instagrammable.
L’ube n’est pas une mode éphémère. Derriere son esthétisme pop se cache une tradition culinaire riche, une douceur naturelle et un potentiel immense pour renouveler nos habitudes. Si le matcha continue de régner sur les fans de latte verts, l’ube s’impose peu à peu comme le chouchou des becs sucrés curieux, avides de nouveauté et de sens. Violet is the new green ?