« Le Petit Bleu » : le docu-série qui explore la pluralité des transidentités

Lever les tabous et les mystères qui entourent la notion de transidentité, c’est bien. Mais en donner une vision complète et réaliste s’avère de suite bien plus compliqué. C’est donc sur ce créneau que s’installe avec brio le documentaire-série « Le Petit Bleu ».

Une série informative sur la transidentité

« Le Petit Bleu » est un docu-série bénévole et indépendant diffusé sur Youtube. Tout part d’un homme : Pawel Thomas Larue. Étudiant en audiovisuel et lui-même transgenre, il lance cette initiative avec sa camarade Adèle Méritet pour (enfin) proposer un contenu sur les transidentités par des personnes trans directement. Les films, séries, documentaires et autres reportages d’émission télé sont, à l’heure actuelle, majoritairement réalisés par et pour des personnes cisgenres.

Le principe est simple. Chaque épisode dure une trentaine de minutes. Au cours de celui-ci, l’invité.e discute avec Pawel Thomas d’une thématique qu’iels ont établie au préalable. Ainsi, dans les dix épisodes publiés depuis le lancement en septembre 2020, « Le Petit Bleu » parle rapport au corps, scolarité, santé, cis gaze Le tout retransmis tel quel, sans coupure. Le.a spectateur.rice est ensuite libre d’en faire sa propre analyse. Et c’est en ça que le nom « petit bleu » prend tout son sens.

« À une époque, « petit bleu », ça désignait les télégrammes d’information. Je trouve que cela correspond bien au format de ma série documentaire, qui ne se veut pas forcément pédagogique, mais informative : transmettre des informations, et libre aux spectateur.rice.s de s’en emparer comme iels le veulent et le peuvent », explique Pawel Thomas Larue dans une interview pour Madmoizelle

« Le Petit Bleu », ou l’envie de faire exploser le « persona transgenre »

Lorsque Pawel Thomas Larue pense son documantaire-série, il a une idée derrière la tête. Si la question de la transidentité a aujourd’hui de plus en plus de visibilité dans les médias et notre société, on en dessine un personnage unique et cliché. Les médias et la culture en général proposent une sorte de persona (personne fictive dotée d’attributs et de caractéristiques sociales et psychologiques, et qui représente un groupe cible – ndlr), comme si toutes les personnes transitionnant vivaient exactement la même chose.

Or, comme pour presque tous les sujets en ce bas monde, il y a autant de visions de ce qu’est être une personne transgenre qu’il n’y a de personnes trans. En ce sens, « Le Petit Bleu » essaie de nuancer cette vision lissée afin d’offrir à son public un éventail plus réaliste. Avec ce docu-série, « transidentités » est un nom pluriel.

Un regard neuf, aussi puissant que poétique, loin de ceux stéréotypés. C’est passionnant de découvrir cette pluralité, d’êtres humains tout simplement. On vous conseille vivement de regarder « Le Petit Bleu » !

Léonie Bourbon
Léonie Bourbon
À travers mes articles, je vise à divertir, éduquer et inciter à la réflexion, en partageant des histoires qui touchent le cœur et l'esprit.
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