Patin aux pieds et justaucorps sur ses hanches ondoyantes, Laine tutoie le sol givré avec grâce. Elle redéfinit l’image de la patineuse à la taille fine, aux jambes élancées et au poids plume. Elle n’a d’ailleurs rien à envier aux danseuses sur glace professionnelles. Souvent accusée de ne pas avoir le corps adapté pour ce genre de sport artistique, la jeune femme n’a jamais été refroidie par les critiques. Au lieu de faire fondre ses rondeurs, elle a décidé de faire fondre les diktats de minceur qui collent à cette discipline.
Une passion plus forte que les préjugés
Depuis l’âge de six ans, Laine Dubin passe plus de temps sur la banquise artificielle des patinoires que sur la terre ferme. La première fois que ses patins ont effleuré la glace, elle a su que cet univers deviendrait le sien. Sauf que très vite, sa passion a été entachée par les critiques. Il y avait les personnes qui lui reprochaient de ne pas avoir sa place sur la glace. Il y’en avait d’autres qui l’invitaient gentiment à retourner s’asseoir sur le banc des spectateurs. À en croire ce traitement, Laine Dubin n’était visiblement pas conçue pour cette discipline exigeante.
« Trop lourde pour les portées », « pas assez rapide », « pas le bon corps pour ce sport », « elle va casser la glace », autant de remarques grossophobes qu’elle a entendues moult fois en coulisses. Pourtant loin de baisser les bras, Laine Dubin les lève au ciel au gré de figures périlleuses. Ses entraînements intensifs, ponctués de chutes et de victoires, lui ont permis de développer une technique imparable. Aujourd’hui, elle exécute des pirouettes à une vitesse folle. Elle enchaîne les sauts triples avec une facilité déconcertante et impose sa silhouette généreuse sur la glace.
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Des shows dignes des plus grandes
Lorsqu’elle chausse ses patins et s’élance sur la glace, Laine est comme « habitée ». Plus rien autour ne semble exister. Entre les arabesques, les sauts et les jetées de jambes, ses performances dressent les poils. Et ce n’est pas seulement parce qu’il fait 0°C dans la salle. Chaque mouvement respire la puissance et l’élégance, la légèreté et la force. Laine est tout à la fois. Cette patineuse chevronnée, qui a fait de la patinoire son lieu d’expression, veut mettre un terme aux mensurations imposées et diversifier le casting des grandes compétitions.
Le patinage ne se résume pas à ce que l’on voit aux Jeux olympiques. Vous savez ces scènes où l’on a l’habitude de voir des femmes fluettes faire la toupie dans les bras de leur partenaire. Une image de patineuse longiligne et élancée qui a fini par se cristalliser dans les mentalités. À travers ses chorégraphies millimétrées, Laine tend une main à toutes ces femmes qui ne se pensent pas taillées pour la glace. Toutes celles qui ont déjà refusé de s’y essayer par crainte de paraître ridicule et de faire tache dans le décor.
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Briser les standards pour inspirer
L’impact de Laine Dubin dépasse largement les limites de la patinoire. Son message est clair : le talent n’a pas de taille et réside ailleurs que dans la silhouette. Sur les réseaux sociaux, des milliers de jeunes filles trouvent en elle une source d’inspiration. Laine n’a pas le physique « standard » de la patineuse et s’attèle à résorber un manque cruel de représentation. Elle n’a pas le corps de Gabriella Papadakis, mais elle est capable des mêmes exploits.
Dans un sport où l’esthétique a longtemps pris le pas sur la performance, Laine redessine les contours de la beauté sur glace. Plus qu’une réponse aux critiques, son talent est une véritable révolution. Laine Dubin laisse une empreinte bien au-delà de la glace. Elle apporte un vent de fraîcheur dans le monde du patinage, encore tristement normé. D’ailleurs, aujourd’hui Laine n’est plus seulement une élève. Hissée au rang de coach, elle prend de jeunes recrues sous son aile. Son crédo ? « Il n’est jamais trop tard pour commencer ».
Au lieu de voir le patinage comme un sport interdit, Laine Dublin s’en sert pour célébrer ses formes voluptueuses. Flirter avec la glace lui donne la sensation d’être vivante et invincible. Ça vaut le coup d’essayer non ?