En dessins, elle se confie sur son combat contre la vestibulodynie

Ă€ travers son compte Instagram, l’illustratrice Annabel Trotignon dĂ©voile au grand public une pathologie encore mĂ©connue aujourd’hui. La vestibulodynie engendre des douleurs intenses au niveau de l’entrĂ©e du vagin. Ces tiraillements surviennent au contact du vestibule (entrĂ©e d’un organe), notamment lors de la pĂ©nĂ©tration. Les consĂ©quences sur le quotidien des personnes Ă  vulves se remarquent au niveau physique et psychologique. Pourtant, le corps mĂ©dical a encore beaucoup de retard quant Ă  la dĂ©tection de cette maladie chronique. Explications.

La vestibulodynie, des douleurs vulvaires intenses

Des douleurs vulvaires intenses pendant et après les rapports sexuels. Une sensation de brĂ»lure, de tiraillement ou de coupure, Ă  chaque pĂ©nĂ©tration, au point de ne plus pouvoir faire l’amour. Cela survient parfois mĂŞme en pratiquant l’équitation, le vĂ©lo, ou en portant des vĂŞtements serrĂ©s. On parle de vestibulodynie lorsque cette douleur est localisĂ©e au niveau du vestibule, qui s’étend des petites lèvres Ă  l’entrĂ©e du vagin. Une sorte de vulvodynie, dont le symptĂ´me le plus rĂ©vĂ©lateur est donc la dyspareunie (les douleurs pendant les rapports sexuels).

L’illustratrice Annabel Trotignon a décidé de s’emparer du sujet en dessins sur son compte Instagram @Troty. Son projet « Chère vulve » traduit ainsi le parcours du combattant qu’elle réalise au quotidien pour soigner ces maux encore tabous. Son objectif ? Alerter sur le manque de connaissance sur la cette maladie chronique.

Annabel aurait aimé tomber sur des témoignages comme le sien lorsqu’elle n’arrivait pas à comprendre ce qui lui arrivait. Elle déplore également le manque de soutien du corps médical, notamment lorsqu’il nie les symptômes évoqués par les femmes en consultation.

En effet, cette pathologie reste encore mystérieuse et méconnue. Et ceci retarde son diagnostic. Pourtant, la vestibulodynie touche entre 10 et 15 % des personnes à vulve au cours de leur vie. « Ce chiffre est énorme, pourtant, on n’en parle très peu, car ça touche la vulve donc c’est tabou, on s’en fout, c’est gênant ou alors ça dégoûte », déplore la dessinatrice Annabel Trotignon.

« Suite à mon témoignage, j’ai reçu des dizaines de messages de femmes qui se reconnaissaient. Malheureusement, dans beaucoup de cas, elles n’arrivent pas à trouver l’aide d’un.e soignant.e capable de les soigner. Soit parce qu’elles ont déjà testé la plupart des traitements proposés aujourd’hui, soit parce que personne n’est formé dans la ville où elles habitent », explique-t-elle

Comment détecte-t-on une vestibulodynie ?

Les facteurs pouvant déclencher la vestibulodynie sont multiples, et mal connus. Parmi les causes suspectées, nous trouvons les vaginites (mycoses ou champignons) à répétition, l’excès d’hygiène qui peut entraîner une sécheresse vulvaire, un dérèglement hormonal, une densité nerveuse trop importante au niveau du vestibule, ou encore la ménopause. Il est important de préciser que les troubles psychologiques sont une résultante de la vestibulodynie, et non leur cause.

Pour déterminer les causes et soigner une vestibulodynie, il faut se tourner à la fois vers des gynécologues, des psychologues, des sexologues, et des dermatologues. En gynécologie, après avoir examiné la vulve et écarté l’hypothèse des vaginites comme origines des douleurs, le diagnostic repose sur le « test du coton-tige » (Q-Tip). « On va venir toucher quelques points et on finit par toucher une zone très spécifique qui est l’abouchement de la glande de Bartholin », détaille la sage-femme Camille Tallet à Cosmopolitan.

Un retard de diagnostic estimé à… cinq ans

On estime que les personnes atteintes de vestibulodynie sont confrontées en moyenne à cinq ans d’errance médicale avant le diagnostic.

« La mĂ©connaissance de cette pathologie par le corps mĂ©dical s’explique notamment par l’absence de cours de pathologies vulvaires pour les Ă©tudiants et les internes », explique la Dr Sandra Ronger Ă  France 3 rĂ©gions

À noter qu’encore aujourd’hui, le sexisme ordinaire dans le milieu médical contribue largement à ce retard de diagnostic. Ainsi, comme l’ont témoigné plusieurs femmes atteintes de vestibulodynie, certain.e.s médecins culpabilisaient leurs patientes lorsqu’elles évoquaient leurs douleurs vulvaires anormales. « Oh, c’est dans votre tête mademoiselle », « vous êtes rousse, vous avez la peau sensible, voilà tout » ou encore « détendez-vous ! Tout ira bien ! On peut bien faire sortir un enfant d’un utérus, donc tout est possible », témoignent des patientes à Konbini. Pourtant, beaucoup de femmes guérissent complètement et définitivement de la vestibulodynie. La dyspareunie devrait être prise plus au sérieux, et diagnostiquée au plus tôt.

Et vous, aviez-vous déjà entendu parler de la vestibulodynie ? Venez partager vos expériences dans le forum de The Body Optimist ! Dans le coin Sexualité, Vie de Couple, on parle de tout, sans tabou !

Cindy Viallon
Cindy Viallon
Journaliste free-lance, mes sujets de prédilection sont les féminismes intersectionnels, la société et la culture. J’aime déconstruire l’actualité et briser les tabous une fois pour tous·tes !
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