Les stéréotypes de genre mettraient en danger la santé des enfants

Dans cette étude publiée le 15 décembre 2020 par la Fawcett Society, un organisme de bienfaisance luttant pour l’égalité des sexes, on apprend que les stéréotypes de genre limitent le potentiel des enfants et causent des dommages à vie. Pour l’organisation : il est grand temps de réagir et d’apporter des changements dans le secteur de l’éducation, du commercial et de la parentalité.

Il faut dire qu’encore aujourd’hui en 2022, les stéréotypes de genre constituent un gros obstacle à la réalisation d’une égalité entre les personnes, qu’importe leur genre. On fait un point.

Estime de soi limitée & compétences de lecture affaiblies

Selon ce rapport, les attentes liées au genre limitent considérablement nos enfants. À commencer par une estime de soi limitée chez les filles et des compétences de lecture plus faible chez les garçons. En parallèle, ces attentes participeraient aussi à fragiliser la santé mentale des enfants et des jeunes. C’est ceci qui serait à l’origine de l’image corporelle désastreuse qu’ont les jeunes filles ont d’elles-mêmes ainsi que leurs troubles de l’alimentation.

Les taux de suicide seraient également plus élevés chez les hommes. Et chez les femmes et les filles, on constaterait plus de violences. Les stéréotypes limitent aussi considérablement les choix de carrière, contribuant à l’inégalité salariale entre les sexes. Le rapport donne également des solutions en faveur du changement et démontre que les parents soutiennent cette démarche.

74 % constatent que les filles et les garçons sont traités différemment

Dans le détail, les chiffres montrent que les trois quarts des parents (74 %) constatent que les garçons et les filles sont traités différemment. Six sur dix (60 %) précisent que cela a des effets négatifs. 70 % des mères et 60 % des pères conviennent que cette inégalité de traitement affecte la capacité des garçons à parler de leurs émotions.

Interrogé.e.s sur le travail que les parents verraient bien leurs enfants faire une fois adulte, 7 fois plus de personnes voient leurs fils travailler dans la construction (22 %). Contre seulement 3 % des pour leurs filles. Les pères sont trois fois plus à voir leurs filles travailler dans le secteur médical (22 %). Contre seulement 8 % par rapport à leurs fils.

Un chiffre plus encourageant : 66 % des parents souhaitent que les entreprises annoncent clairement que leurs jouets sont non genrés et destinés aussi bien aux filles qu’aux garçons. En revanche, 4 professionnel.le.s de l’éducation sur 10 (38 %) estiment avoir reçu une formation très incomplète (voire aucune) pour lutter contre les stéréotypes de genre, durant leur formation.

Montrer des femmes leadeuses

Pour Sam Smethers, directeur général de Fawcett Society, les stéréotypes sexistes sont omniprésents et causent des dommages graves et durables :

« Des attitudes comme « les garçons seront des garçons » à la crèche ou à l’école aux emplois « pour les garçons » et ceux, « pour les filles ». Ces stéréotypes sont profondément ancrés et durent toute une vie. »

Pour lui, il est essentiel de mettre fin à la « princessification » des filles et à la « toxification » des garçons. Et le premier secteur visé est celui du commerce. Il aussi impératif de rendre les hommes et les femmes visibles lorsque, en raison de préjugés, l’homme par défaut sera toujours le dominant :

« Il utilise trop souvent les stéréotypes de genre et sépare les garçons des filles, simplement pour vendre plus de produits. Mais attention, il ne s’agit pas de rendre tout « non sexiste ». On peut, par exemple, montrer régulièrement aux enfants des femmes leadeuse ou scientifiques. C’est très important. »

Toujours selon Sam Smethers, la majorité des parents reconnaissent qu’il y a un problème et souhaitent adopter une stratégie différente. Ils veulent voir un réel changement venir de la part du gouvernement et des entreprises. Le rapport démontre qu’ils ont besoin d’une « aide pratique » pour apporter eux-mêmes des changements dans l’éducation de leurs enfants.

Enfance & stéréotypes de genre : un message d’espoir

Pour le Pr Becky Francis, co-présidente de la commission qui a mené l’étude, les preuves montrent que, malgré toute notre bonne volonté, nous limitons toujours nos enfants en nous basant sur des stéréotypes de genre nuisibles et fatigués, aux conséquences dramatiques :

« Cela s’ajoute à un réel mal être. De la sous-performance des garçons en lecture, à l’écart de rémunération entre les sexes. Il est clair que les stéréotypes que nous transmettons dans la petite enfance causent des dommages importants à nos enfants. Mais c’est aussi un message d’espoir. »

Car si les gouvernements, les entreprises, les éducateur.rice.s et les parents agissent de concert, elle est certaine que nous pourrons remettre en question ces stéréotypes archaïques et changer des vies. En permettant, dans un premier temps, à nos enfants, de vivre avec moins de limitations affiliées à leur sexe.

Est-ce un sujet que vous avez déjà abordé avec vos enfants ? Se sentent-il.elle.s limité.e.s en raison de leur genre ? Pour en discuter, on vous attend sur le forum, dans la rubrique Parents.

Amandine Cadilhon
Amandine Cadilhon
Journaliste mode, mes articles, mettent en lumière les diverses tendances et styles qui façonnent l'univers de la mode féminine. Mon objectif est de proposer un contenu diversifié et accessible à toutes et tous, en soulignant l'importance de l'expression personnelle et de l'empowerment à travers la mode.

Vendre la maison de son enfance : pourquoi cette séparation est parfois si difficile

Lorsque la maison de notre enfance ne fait plus partie de la famille et que ses clés quittent...

Ce maquillage naturel pour enfant encourage joliment l’expression de soi

Les enfants excellent dans l’art des jeux de rôle. Ils n’ont pas besoin de se forcer pour inventer...

Elle est Miss et travaille à la NASA : son parcours bouscule les préjugés

Elle a participé au célèbre concours de beauté des Miss à échelle locale mais ce n’est pas l’unique...

Vous passiez des heures à faire cette activité enfant : des chercheurs l’associent au bien-être des années plus tard

Certains enfants disparaissaient pendant des heures derrière un roman, une BD ou un livre d’aventures. Cette habitude, choisie...

Les 10 000 pas ne sont pas un examen, 8 000 suffisent pour débuter

Vous marchez déjà, pour vivre, travailler, respirer un peu. Reste la question qui revient sans cesse : est-ce...

Le sport et les devoirs tard, les vrais responsables des nuits courtes

Quand l’anxiété s’invite au coucher, c’est souvent toute la maison qui perd le sommeil. Voici des pistes pour...