« Firedooring » : quand l’amour et l’attachement ne sont pas réciproques

C’est un euphémisme, mais le « firedooring » traduit une relation plutôt désagréable, puisqu’elle est à sens unique. La technique de la porte coupe-feu (traduction de « firedooring ») illustre des comportements de séduction manipulateurs. Pas si facile à percevoir, vous en êtes peut-être victime, ou vous l’avez sûrement déjà été. Fuyez donc pour préserver votre santé mentale. Comment accepte-t-on de tomber dans ce genre de relation ? Et pourquoi ? Explications.

Comme un amour à sens unique

Quand les portes ne s’ouvrent que dans un sens, c’est que quelque chose va mal. Le terme « firedooring » traduit en anglais une « porte coupe-feu », par laquelle rien ne passe. Il s’agit de relations unilatérales, où l’un des deux partenaires a clairement un ascendant fort sur l’autre et décide de souffler le chaud et le froid sur le couple. En gros, l’un peut toujours s’enfuir et revenir par la porte de secours, tandis que l’autre reste piégé.e derrière une porte qu’il.elle ne peut pas ouvrir. Pratique en cas d’incendie, mais carrément toxique au sein d’une relation de couple.

Le ou la partenaire « firedooré.e » se trouve donc dans une position d’attente constante. Il.elle attend de voir la porte s’ouvrir le temps d’un rendez-vous ou parfois, uniquement pour passer la nuit à deux. Et ces moments sont rares, très rares. C’est comme une relation à sens unique. Il.elle donne et attend beaucoup de la relation, mais ne reçoit jamais rien en retour. C’est en tout cas ce que décrit le média britannique Metro. Si l’article date de 2017, le phénomène est (hélas) toujours d’actualité. Vous l’avez d’ailleurs sûrement déjà vécu ou témoigné d’une relation du genre.

« Après un ou plusieurs rendez-vous réussis, alors que vous pensez avoir débuté la construction de votre couple, soudain, votre partenaire ne répond plus à vos messages et semble vous ghoster. Pourtant, quelques jours (ou semaines) plus tard, il revient vers vous avec un petit message anodin, parfois à une heure indue, comme s’il n’avait pas ignoré vos messages précédents. Soudain, il veut vous revoir, tout de suite. Si de votre côté vous vous investissez pleinement dans cette relation sérieuse, de son côté, votre partenaire joue les courants d’air », explique Theotokos

Il ne rompt jamais, il revient toujours

Détrompez-vous, le « firedooring » est différent du fameux « ghosting ». Le ghosteur décide de fuir en faisant le mort. Tandis que le « firedooreur » ne rompt pas le couple avec ses silences et absences. Il entretient sporadiquement la relation, qui ne l’intéresse que de loin. Il agit ainsi dans le but de garder la personne sous le coude. Il s’enfuit alors sur la pointe des pieds, et revient quand il en a envie. Ses retours réguliers, bien qu’épisodiques, sont encore pires que ses absences, puisqu’ils maintiennent son ou sa partenaire dans un sentiment d’espoir et une volonté de construction.

Une des caractéristiques du « firedooreur », est sa manière de revenir vers l’autre. Le plus souvent, il agit à coups de petits rappels alcoolisés à des heures avancées de la nuit. Autre signal d’alarme : il est un super copain attentionné quand vous êtes seul.e.s, mais quand vous le croisez par hasard en public, il devient évasif et distant. Un véritable goujat, en somme.

Pourquoi se lance-t-on dans ce type de relation ?

Que ce soit un schéma qui se répète dans vos relations ou qu’une (sale) histoire à oublier, il peut être bénéfique de se demander comment vous en êtes arrivé.e là. Mieux vaut traiter le problème à la source tout de suite, plutôt que de replonger dans une prochaine relation toxique. Pour commencer, comme le rappelle la rédaction de Metro, souvent, les personnes victimes de firedooring manquent de confiance en elles.

Elles sont alors persuadées qu’elles ne méritent pas celle ou celui qui les fait attendre en vain. Ainsi, avec leur admiration démesurée pour l’autre, elles se persuadent qu’elles ne pourront jamais avoir davantage ou mieux avec un.e autre. Et elles restent du mauvais côté de la porte. Pour prendre conscience de ce décalage amoureux, il faut se détacher des mots, et se concentrer sur les actes des « firedooreurs ». Une fois la magouille repérée, fermez votre porte à clef, et fuyez.

Et vous, avez-vous déjà été « firedooré.e » ? Comment êtes-vous sorti.e de cette relation toxique ? Venez partager votre expérience avec nos lecteurs et lectrices, sur le forum de The Body Optimist !

Cindy Viallon
Cindy Viallon
Journaliste free-lance, mes sujets de prédilection sont les féminismes intersectionnels, la société et la culture. J’aime déconstruire l’actualité et briser les tabous une fois pour tous·tes !
Vous aimerez aussi

Divorcer jeune : un tabou qui n’a plus lieu d’être

Pendant des années, divorcer avant 30 ans était perçu comme un échec, un faux départ dans la vie...

Les femmes adorent ce hobby chez un homme, et c’est étonnant !

L’homme musclé qui pousse de la fonte à la salle et qui a un corps à la Schwarzenegger...

La période de l’année la plus risquée pour votre couple

On pensait que l’hiver était la saison la plus redoutable pour les couples, avec son cocktail de grisaille,...

Couple : la méthode inattendue pour renforcer votre lien

Pour garder la flamme intacte et entretenir votre relation, nul besoin de partir en escapade tout le week-end...

Ce que révèle une étude sur les secrets dans le couple

Dans un couple, faut-il tout se dire ? Cacher un détail anodin, omettre une anecdote du passé ou...

​Votre partenaire est-il un « phubber » ? Ce comportement qui détruit les couples

Dans notre ère hyperconnectée, il est devenu presque naturel de dégainer son téléphone à tout moment : une...