Comment aborder les Fêtes de fin d’année quand on est en deuil ?

Les Fêtes de fin d’année sont généralement auréolées de joie et d’instants de partage, mais elles peuvent aussi revêtir un caractère plus grave. Lorsqu’un.e être cher.ère s’est envolé.e au royaume des anges, le cœur est lourd et la peine intarissable.

Malgré tout l’entrain des repas de famille, chaque petit détail ramène à l’absence de ce proche défunt.e. Une chaise vide qui se dessine en bout de table, l’odeur d’un plat, un silence diffus sur lequel se superposent les souvenirs d’une voix… Les échos sont multiples. Et sous la boule de gui, le souhait de retrouver le temps d’avant vibre secrètement. Aborder les Fêtes de fin d’année alors qu’on lutte avec le poids du deuil est loin d’être évident. Pourtant, plusieurs rituels permettent d’envisager cette période nostalgique avec plus de légèreté. En voici 4.

1 – Accepter ses émotions

La mort d’un.e être cher.ère provoque un mélange de haine, de rancœur et de tristesse. Cette blessure morale, encore toute fraîche, obscurcit l’horizon scintillant des réunions de famille. La parenthèse enchantée vire au cauchemar éveillé. Mais bien souvent, pour ne pas froisser l’ambiance joviale des Fêtes de fin d’année, on contient tant bien que mal ces émotions qui semblent être l’antithèse de la féérie.

En ravalant ce chagrin, par pudeur ou par insécurité, on retarde inlassablement le travail du deuil. Digérer un événement si tragique demande du temps et une écoute de soi millimétrée. Sauf que bien souvent, en cette période euphorique, on a tendance à s’oublier. Cependant, exprimer tout haut ce qui nous torture tout bas est une première délivrance.

Qu’importe si les sanglots éclatent entre deux parts de bûche ou dans l’intimité des toilettes, ce qui compte c’est de laisser libre cours à ses émotions. Il n’y a pas de bonnes ou mauvaises manières de faire. À chacun.e son itinéraire de guérison. Que l’on succombe à la blague du tonton farceur ou que l’on préfère s’éclipser avant le dessert, personne n’est égal dans ce tourbillon de la vie. Aborder des Fêtes de fin d’année en portant un deuil, c’est d’abord penser à soi.

2 – Se préserver du stress ambiant

De manière générale, les Fêtes de fin d’année font pencher la charge mentale. Sous le rideau de guirlandes se cache un décor plus sombre. Repas fastueux, courses à vitesse grand V, marathon des cadeaux… le stress atteint des sommets.

Mais en pleine phase de deuil, répondre à ces obligations devient encore plus périlleux. En s’embarquant dans des préparatifs interminables, on prend le risque de tout faire à contrecœur. Il convient donc de garder ses distances avec cette agitation annuelle de notre société et de déléguer les tâches, sans arrière-pensée. Inutile de se forcer ou de surpasser ses limites de sociabilité, simplement pour « faire plaisir aux autres ». Puis, organiser le réveillon dans une maison où gravitent les souvenirs de cette personne disparue peut s’avérer très douloureux. D’où l’importance de sortir de ce cadre habituel, devenu soudainement une triste machine à remonter le temps.

3 – Concilier anciennes et nouvelles traditions

Quand on traverse un deuil en pleine période de fête, l’âme de l’être défunt.e plane dans le moindre petit objet. Un rond de serviette inoccupé, une boule de Noël faite maison, une tarte aux pommes… cette personne, transformée en bonne étoile, glisse un murmure dans chaque tradition. Dans certains cas, ces rappels subliminaux font remonter en surface des images délicates du passé.

Ces flashbacks peuvent susciter de la joie, mais aussi de l’amertume. On prend surtout conscience que sans cet.te être, cette tradition qui nous animait tant perd tout son charme. Ce chant de Noël entonné devant la cheminée ne répond plus à la magie.

Alors, pour éviter que ces traditions ne virent aux ruminations, on les ajuste, sans oublier la mémoire du/de la défunt.e. De nouveaux rituels viennent se greffer aux anciens, avec ce même pouvoir symbolique. C’est une manière plus ou moins matérialiste de s’ouvrir sur l’avenir et de passer un cap.

4 – Honorer la mémoire de l’être défunt.e

Aborder les Fêtes de fin d’année quand on est en deuil, c’est aussi rendre un hommage général à cette personne défunte, qui nous habite encore et toujours. Pour que la mémoire de ce.tte proche ne s’essouffle jamais, la reconnaissance posthume peut prendre plusieurs formes, pas forcément solennelles.

Si la minute de silence est la façon la plus répandue d’adresser ses pensées à une personne disparue, il existe d’autres moyens, moins conventionnels, mais aussi riches de sens. On peut, par exemple :

  • Se plonger dans les albums photo, faire défiler les pages plastifiées, tout en racontant les histoires chaleureuses qui en découlent
  • Glisser un objet à forte valeur sentimentale, intimement lié au/à la défunt.e dans la déco. Des chaussons, un pendentif, une petite figurine… ces précieux items servent de trait d’union entre deux mondes.
  • Parler à tour de rôle du/de la défunt.e en se remémorant uniquement des instants radieux et des anecdotes touchantes
  • Écouter sa musique préférée pour introduire le repas
  • Concocter une recette que la personne disparue affectionnait par-dessus tout

Aborder les Fêtes de fin d’année alors que l’on se heurte à la violence d’un deuil demande un effort surhumain. Si la bonne humeur fait sa loi en cette période festive, elle peut nous échapper et ce n’est pas un crime. Alors, fini les faux-semblants avec le thème « paillettes et cotillons ». En revanche, mieux vaut éviter de s’isoler, au risque de tomber dans les bras de la dépression

Émilie Laurent
Émilie Laurent
Dompteuse de mots, je jongle avec les figures de style et j’apprivoise l’art des punchlines féministes au quotidien. Au détour de mes articles, ma plume un brin romanesque vous réserve des surprises de haut vol. Je me complais à démêler des sujets de fond, à la manière d’une Sherlock des temps modernes. Minorité de genre, égalité des sexes, diversité corporelle… Journaliste funambule, je saute la tête la première vers des thèmes qui enflamment les débats. Boulimique du travail, mon clavier est souvent mis à rude épreuve.
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